Frère André Marthouret


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Le 2 mai 2013 au matin, frère André Marthouret a rejoint son Seigneur dans la 93ème année d’âge, après 67 ans de vie religieuse. Nous l’avons retrouvé paisiblement allongé au pied de son lit, comme s’il avait voulu imiter la pauvreté de Saint-François d’Assise au moment de sa mort. En vrai frère mineur capucin, il portait la pauvreté comme un habit : toutes ses affaires personnelles pouvaient aller dans une valise.
Né le 28 décembre 1920 à Serrières (Ardèche), fils de poissonniers et de cultivateurs, aîné d’une fratrie de sept enfants, André-Marie est entré au noviciat de la Province de Lyon le 11 septembre 1944 sous le nom de frère Marie-Augustin. Il s’est rendu à pieds à -Étienne. Son premier noviciat de 1940 a été interrompu pour éviter les travaux forcés en Allemagne. Suivant le conseil de ses supérieurs, il rentre chez lui, et comme fils aîné de cultivateur, il échappera au Service du Travail Obligatoire.
Profès le 12 septembre 1945, il poursuit sa formation et est ordonné prêtre le 29 juin 1952 et il a célébré sa première messe à Serrières le 6 juillet. Envoyé au Liban, il y finit sa formation théologique et son initiation à la langue arabe à la Faculté de Beyrouth.
En septembre 1954, il est envoyé comme missionnaire à Bossangoa (Centrafrique) et travaille à la station de Kouki fin 1955, puis à Nana Bakassa. Pendant de nombreuses années il a d’abord bien appris la langue du pays, ce qui lui permet d’annoncer l’Évangile et d’accompagner de nombreuses communautés dans le diocèse de Bossangoa et de travailler à la formation des catéchistes. Un temps, il annonce à la Radio, en arabe et en français, le message de l’Évangile vécu par François ! Il écrit en langue sango une vie de saint François, traduite ensuite en français et qui eut du succès : « Cet homme qui ressemblait tant à Jésus ».
Rentré en France en août 1986 pour une année sabbatique, il est nommé curé de Romenay (71) jusqu’en juin 1988. En septembre 1988, il part au Tchad où il est gardien de la fraternité d’après-noviciat de Moundou, et assistant national de l’OFS au Tchad. En raison de problèmes de santé, il doit rentrer définitivement en France en mars 1993, où il rayonne à partir de Crest. En août 2000, il est vicaire à Clermont-Ferrand.
En septembre 2006, il est nommé à Chambéry, qui n’était pas pour lui une ville inconnue : durant son temps aux « chantiers de jeunesse » (1941-1942), frère André avait son camp de base dans la région de Rumilly ; il a eu l’occasion de camper sur le terrain d’aviation de Challes ; il aimait raconter ses exploits en ski quand « les chantiers de jeunesse » s’étaient déplacés pour trois jours à la Clusaz. À Chambéry il continue le service de la fraternité et sa pastorale de prédication envoyée régulièrement à de nombreux intéressés ; c’est d’ailleurs sur son blog qu’il dira ‘à-Dieu’ à ses amis en constatant que ses forces le quittent définitivement.
Hospitalisé pour la première fois en novembre 2012 pour embolie pulmonaire, il voit sa santé décliner après mars 2013. Il a connu une grande crise avant Pâques ; le Vendredi Saint il demande les sacrements et se croyait mourir le Samedi Saint. Les deux derrières semaines l’oxygène soulageait sa respiration. Il est décédé d’une insuffisance cardiaque dans sa chambre.