Frère Bellarmin à Kouki (Centrafrique)


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C’est en 1960 que Bello est arrivé à Kouki. Sa situation était assez inconfortable. Le Père René qui était très aimé, avait été nommé à Bouca et les gens accusaient Bello de l’avoir fait partir. Alors que faire ? Il eut alors l’idée d’ouvrir un dispensaire.
Comme Jésus qui parlait mais d’abord guérissait. C’était le meilleur moyen de montrer aux gens qu’ils étaient aimés.
Après avoir fait venir des médicaments, un Vidal, après avoir débarrassé une pièce de 4 mètres sur 3, Bello a commencé.
Et tout le pays a pris l’habitude de venir à la Mission.
Catholiques, animistes, protestants, musulmans, on faisait la queue pour recevoir les quinines, nom commun de tous les cachets. Et la pièce hyper modeste qui abritait les médicaments, on l’appelait « L’hôpital ».

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village de Kouki

Cela a duré un certain temps, jusqu’au jour où une petite maison de deux pièces a été construite. Et plus tard, une maternité où régnait Brigitte avec une autre infirmière diplômée d’État. C’est ainsi que la Mission Catholique devînt la maison natale du pays, toutes confessions confondues.
Des années plus tard, ce fut l’eau potable. Bello l’avait demandée aux missionnaires suédois, spécialistes des forages. Ils sont venus avec leurs outils, leur pendule et un autre appareil pour détecter les courants.
Et l’eau a jailli ! Je ne sais pas si l’on peut voir un spectacle plus beau. Un groupe attendait, sans trop y croire, l’eau qui devait sortir de ce tuyau d’un pouce et demi, aussi sec que l’environnement.
Tout à coup, la voilà ! D’abord crachotante, elle se met à jaillir haut et fort de la pompe. Ce fut la ruée ! Pas une seule goutte n’a été perdue. Ces cris de joie sous la douche ! Par 35° ! Un bonheur ! Un Paradis !
Et la vie a continué. Peu à peu, ces gens divisés en clans plutôt étanches, se sont aperçu qu’ils étaient « Ceux de Kouki », et que leur centre était à la mission catholique, où on se faisait soigner, où les mamans venaient accoucher, où on faisait souder son vélo cassé, où chaque problème avait quelque chance de trouver une solution. Ils sont tellement devenus koukissois tout en restant musulmans, animistes ou chrétiens, qu’ils ont décidé de faire la fête.

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l’école de Kouki

Tout était prêt, les boules de manioc avec la sauce, les jarres de bière, les tam-tams. Mais les missionnaires qui n’avaient pas été invités sont restés chez eux. Soudain, voici quatre ou cinq hommed. Et pas n’importe qui, les élites, qui demandent : « Pourquoi ne venez-vous pas ? On vous attend ! » - « Mais vous ne nous avez pas invités ! » - « Comment oserions-nous vous inviter, alors que vous êtes chez vous à Kouki, autant que nous ? »

Fr. André Marthouret