Frère Marie-Abdon Santaner : "Une parole qui vivifie"


La mission de notre frère théologien a commencé par l’aggiornamento d’un commentaire de Martin de Cochem sur la messe. Il l’intitula “Richesses inexploitées”. C’était déjà, en 1958, un essai de théologie narrative, où des récits de la vie ordinaire ouvraient à la profondeur du mystère. Intuition poursuivie avec la collection “À la Gloire de l’homme” : “Il faut que ça sorte”, “il faut que ça mange...” jusqu’au livre intitulé “J’ai désiré d’un grand désir”, méditation sur le mystère pascal où la parole faite chair se fait nourriture transformante.

Comment ne pas rappeler qu’après “Dieu cherche l’homme”, - belle inversion de l’initiative en spiritualité -, Marie-Abdon n’a cessé de méditer le mystère planté au cœur de notre monde : la présence d’une Parole qui prend chair, se fait nourriture et vivifie le monde entier.

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Comment ne pas rappeler avec quelle force, Marie-Abdon - qui ne croyait ni à la force du droit, ni à celle des armes -, croyait à la Parole “échangée”, témoignage de “la foi” accordée à l’autre, principe et soutien de communion fraternelle à l’infini ; profonde connivence avec l’itinéraire de François d’Assise : faisons mémoire du loup de Gubbio, de la courtoise visite au sultan, de l’humble dialogue avec le Pape pour vivre selon la forme de l’Évangile. Apprendre à s’écouter, à se parler, à construire ensemble : quel programme d’avenir, mais aussi quel appel à la conversion générale pour faire naître un autre monde dès maintenant !

Marie-Abdon nous invite encore aujourd’hui à avancer avec confiance : nous sommes des hommes en quête d’un monde qui nous donne la chance d’approfondir, jour après jour, notre humanité, en accomplissant notre pèlerinage dans un monde à qui Dieu offre déjà de le vivifier.

F. André Ménard, lors des obsèques de F. Marie-Abdon, le 21 mars 2012 à Bron (69)
La biographie de F. Marie-Abdon Santaner