Histoire du pélerinage de Weiler


La chapelle Notre-Dame des Sept-Douleurs est à quelques centaines de mètres de la frontière franco-allemande

Depuis Charlemagne
Dès 803, une chapelle dédiée à la Sainte Croix et à la Vierge Marie aurait existé en ce lieu. Ce qui est sûr c’est qu’au début du XIIIe siècle, les bénédictins de Wissembourg y érigèrent une chapelle dédiée à « Notre-Dame de l’Écoute » qui attire de nombreux pèlerins.

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Weiler, la chapelle

Au XVIe siècle elle fut détruite par le Seigneur pirate Hans von Trott, résidant au Berwartstein (Palatinat). Une nouvelle chapelle fut construite en 1725 par la volonté du roi polonais Stanislas Leszczynski, exilé à Wissembourg avec son épouse Catherine et surtout sa fille Maria qui devint reine de France en épousant Louis XV à la cathédrale de Strasbourg le 15 août 1725. La chapelle, dédiée à Notre Dame de l’Assomption, fut desservie par les Capucins du Couvent de Wissembourg, venus de Suisse. Au cours de la Révolution française, les Capucins furent chassés et la chapelle fut transformée en grange à foin, la statue de la Vierge ainsi que la croix en grès dressées à l’extérieur furent détruites. Vers 1803, le curé Oberlé de Wissembourg fit restaurer la chapelle et y installer une Pietà en bois du XVe siècle qui est vénérée jusqu’à nos jours. Weiler devient paroisse indépendante en 1856 et la chapelle devient église paroissiale. En 1921, la paroisse de Weiler ainsi que la chapelle sont confiées aux Capucins. En 1933, ils font construire une église à Weiler dédiée à St André de sorte que la chapelle mariale redevient le lieu de pèlerinage pour les chrétiens de part et d’autre de la frontière jusqu’en 1939. Au début de la guerre, la Pietà fut mise à l’abri au couvent de Neuwiller-lés-Saverne pendant une année.

Pax Christi
Dès 1950, le pèlerinage de Weiler devint un lieu de rencontre des mouvements de réconciliation entre français et allemands. De part et d’autre de la frontière, de nombreux pèlerins viennent y prier ensemble pour la Paix. Des prêtres alsaciens et allemands s’y réunissent pour réfléchir et prier ensemble. Des évêques y prêchent. L’année 1951 est marquée par la bénédiction de la cloche de la Paix ! Le 11 mai 1952 c’est le premier pèlerinage Pax Christi qui rassemble 5000 pèlerins.

Dans la chapelle

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Weiler, Pieta

Une Pietà en bois du XVe siècle est à l’écoute de nos confidences. La petite taille du Christ nous rappelle son incarnation et la main tendue vers la joue de Marie, sa tendresse filiale envers elle. N’est-ce pas une invitation qu’il nous fait à nous confier à Marie comme il l’a fait, à accueillir Marie en notre vie comme Lui, comme sa mère qu’Il nous donne ? La Pietà est entourée de l’Arbre de Vie, en céramique, œuvre d’un artiste parisien, Paul Boni, qui en 1974 réalise également en céramique les scènes des sept douleurs de la vie de Marie sur le mur gauche, et des motifs eucharistiques sur l’autel de la chapelle. En 1989, le sculpteur Keller de Molsheim a mis en valeur le corps en grès du Christ mutilé et enfoui lors de la révolution française et retrouvé en 1952 près de la chapelle. Ces paroles en deux langues sont inscrites sur la poutre : « Je n’ai pas d’autres mains que les vôtres ».