Texte de l’intervention de F. Hubert Calas, lors de la célébration du 12 octobre 2012 à Toulouse, à l’occasion de la fermeture du couvent de la rue d’Aquitaine


Nous sommes rassemblés ce soir pour vivre un moment que nul parmi nous ne souhaitait vivre.

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la célébration eucharistique, présidée par l’archevêque de Toulouse

Mais dans la vie d’une personne, d’une famille, d’une institution, il y a toujours de ces moments. Et tout simplement, il faut les vivre au mieux. Avec réalisme. Ce sont des passages ! N’oublions pas que nous-mêmes nous sommes de passage en ce monde. Et si nous regardons l’Histoire, nous voyons bien qu’il y a un temps pour tout comme dit Qohélet. Un temps pour naître et un temps pour mourir, pour ouvrir une maison et pour la quitter.

Tout le monde peut comprendre pourquoi nous quittons cette maison. Nous y sommes contraints par le manque de frères et de frères valides. C’est la seule raison.

Il y a treize ans nous avons quitté la Côte Pavée parce que la maison était devenue trop grande pour nos frères et pour nos forces. Ce n’est pas les quelques entrées, à l’unité, qui compensent le vieillissement et la diminution de nos frères.

Durant quelque temps, que nous ne pouvons pas préciser pour le moment, il va rester ici trois ou quatre frères, mais en raison de leur âge ou de leurs activités, ils ne pourront plus assurer régulièrement l’accueil des fidèles pour l’eucharistie. C’est pourquoi ce dimanche 14 octobre, ce sera la dernière célébration de la messe qui sera assurée en cette chapelle.

Que va devenir notre maison ? Nous n’en savons rien pour le moment. Nous avons à peine commencé les démarches pour une cession.
Je veux rendre grâce au Seigneur pour tous les frères qui ont vécu à Toulouse, et pas seulement pour ceux dont on se souvient, comme le Père Marie-Antoine. En effet, il a vécu à Toulouse parce qu’il y avait autour de lui une communauté. Rendre grâce pour ceux que nous avons connus, mais aussi pour ceux qui nous ont précédés depuis 1858.

Je veux aussi dire merci à l’Église de Toulouse qui nous a accueillis, merci à tous les amis qui nous ont aidés ou qui ont collaboré avec nous, qui ont vécu en Église avec nous, ici à Toulouse ou ailleurs en Mission en Éthiopie, au Tchad, en Centrafrique. À une certaine époque, plus d’un tiers de nos frères étaient en Mission en Afrique, avec d’ailleurs des prêtres du diocèse de Toulouse, diocèse qui a connu des jumelages avec des paroisses du Tchad, après la visite de Mgr Garonne.

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frère Hubert Calas

Nous venons d’entrer dans l’année de la Foi, nous parlons beaucoup de Nouvelle Évangélisation. Il nous appartient de vivre ces passages que sont les départs de communautés avec foi, précisément en cherchant à les vivre avec le dynamisme qui doit être le nôtre, chrétiens de 2012, au cœur des situations du monde et de l’Église, qui sont les nôtres aujourd’hui.

Saint François au moment de sa mort a dit aux frères qui l’entouraient : « J’ai fait ma part, que le Seigneur vous apprenne à faire la vôtre ». Accueillons, vivons cette parole de saint François pour vivre en chrétiens, en disciples de Jésus Christ, aujourd’hui et demain, avec joie et ardeur, tant qu’il fera jour pour chacun de nous.

Frère Hubert Calas, vicaire provincial

Été 2013 : les frères ont constitué une nouvelle fraternité à Toulouse