Non-violence active, évangile et appel franciscain (Alain Richard)

conférence donnée lors de l’assemblée générale du Réseau Gubbio, 9 février 2013, Paris


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Alain Richard, au cercle de silence de Toulouse

Vous m’avez demandé de cerner les relations de la ‘non-violence active’ avec l’Évangile tel que l’a compris François d’Assise.
Pour certains l’expression non-violence active manque de clarté. Nous parlerons de la non- violence comme moyen concret de lutte contre des violences et des injustices.
Il y aura 3 parties :
1°) ce qui me semble les meilleures définitions de la violence, de la non-violence, et de l’action non-violente,
2°) les éléments indispensables de la lutte non- violente,
3°) les réalités évangéliques sur lesquelles François nous a invités à être réceptifs.

1°- DÉFINITIONS

a) définition de la VIOLENCE

Chargée d’une mission gouvernementale sur les violences à la télévision, Blandine Kriegel a défini la violence comme « la force déréglée qui porte atteinte à l’intégrité physique ou psychique pour mettre en cause, dans un but de domination ou de destruction, l’humanité de l’individu ».
Je crois qu’il faut englober la dégradation du milieu naturel. J’ai proposé dans Roots of Violence in the US Culture, [1] de considérer que la violence existe quand il y a situation ou action provenant de personnes ou de structures humaines qui entraînent un dommage prévisible, physique, moral ou économique, une dégradation, mort ou destruction d’êtres humains ou d’éléments de la Création.

b) définition de la NON-VIOLENCE

Il me semble que la non-violence gandhienne peut être caractérisée ainsi : Le Mahatma Gandhi a fait connaître la non-violence comme un esprit et une méthode face aux conflits. Elle requiert une force intérieure et une technique, pour servir la Justice et témoigner de la Vérité. La Vérité invite à reconnaitre que dans tout conflit les deux adversaires partagent les responsabilités.
Les moyens employés visent à être cohérents avec la fin, alors que la violence tente de se justifier par la seule poursuite de la fin. La non-collaboration avec l’injustice est intransigeante. La non-violence exige respect de la personne et de la vie de l’adversaire ainsi que des efforts pour réveiller sa conscience. Elle vise à désarmer ou paralyser l’adversaire ou le système qui écrase l’homme. La force intérieure peut devenir contraignante si elle n’a pas réussi à convaincre.
(A. R. 2011)
La non-violence se dresse face à la violence. Il est normal qu’elle rencontre des oppositions. Sans abandonner cette exigence de justice et de vérité, il y a un vrai chemin de purification de l’action non-violente, au fur et à mesure, pour établir un dialogue accepté ou une négociation imposée. La résistance ressentie par le violent doit aider à sa prise de conscience.
La non-violence n’est pas un refus pur et simple de la violence. C’est une action pour sortir de la violence, ou d’une injustice. De plus cette action est réalisée par les violents et les victimes ensemble. En effet, les deux sont appelés à partager la responsabilité de gérer le conflit de façon constructive, c’est-à-dire en cherchant à rétablir une relation entre deux personnes ou deux groupes.
(cf. En Dieu il n’y a pas de violence, Ed. Bayard, 2013 )

2°- ÉLÉMENTS INDISPENSABLES DE LA LUTTE NON-VIOLENTE (GANDHIENNE) .

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Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela

Quels sont les éléments indispensables pour entreprendre une action non-violente, et je précise une action non-violente dans la ligne gandhienne, parce que je ne connais pas assez certains autres courants de la non-violence, et parce que Gandhi a vécu et exprimé la non-violence d’une façon universellement reconnue.
1°- Il faut d’abord faire preuve d’une agressivité positive, c’est-à-dire refuser la passivité ou la lâcheté. Refuser les processus par lesquels la violence tente de se légitimer ou de se justifier.
« Accepter le conflit avec l’autre sans se soumettre à sa loi et en cherchant à construire avec lui une relation fondée sur la reconnaissance mutuelle de nos droits. » [2]
2°-Dans le conflit il faut accepter la réalité que personne ne détient la vérité. La vérité se construit entre et avec les adversaires.
Une des compréhensions est que « La vérité réside dans une sagesse pratique qui requiert l’intelligence et la volonté pour construire, à travers les conflits eux-mêmes, une relation avec les autres hommes fondée sur le respect et la bienveillance. [...] La vérité n’est pas extérieure à l’homme. Elle se trouve dans la relation vraie de l’homme avec l’autre homme, quel qu’il soit, fût-il un ennemi. (d’après un texte du MAN)
Se méfier des divers sens du mot vérité. N’oublions pas que pour Gandhi vérité et Dieu sont des termes très liés l’un à l’autre : « on peut dire que Dieu est Vérité, mais il est plus juste de dire que la vérité est Dieu », « la poursuite incessante de la Vérité est le chemin qui mène à Dieu ».
3°- La vérité vécue se fonde sur la reconnaissance et le respect de l’humanité en tout homme. "Elle veut s’affirmer avec l’adversaire et non plus contre lui. [...] Lorsque la vérité se fige en un savoir dogmatique, elle devient un facteur de division, de conflit, d’exclusion et de violence. » [3] Il y a une unité de l’humanité.
La non-violence a besoin d’une attitude de respect, en pensée, en parole et en action envers la vie de tous les êtres humains, envers la dignité de chaque être humain, sans discrimination ni préjugé.
Le respect de Gandhi pour la vérité est probablement son respect pour le divin chez l’autre et également en lui.
Se décider à la non-violence, c’est vouloir opposer au désir de violence une détermination qui maîtrise, surmonte et transmute ce désir pour pouvoir aller à la rencontre de l’autre et construire avec lui une relation fondée sur la reconnaissance mutuelle.
4°- La non-violence suppose une méthode d’action collective susceptible de créer un rapport de force pour faire face à l’oppression ou à l’agression. [4]
La force est nécessaire pour établir un nouvel équilibre entre opprimé et oppresseur, un équilibre qui respecte les droits légitimes de chacun et fonde une paix durable. La force doit être collectivement organisée et respecter le principe de non-violence. « Seule la force organisée dans l’action appuyée sur le nombre peut être efficace pour combattre l’injustice et rétablir le droit. »
La lutte non-violente a pour fonction de modifier le rapport de forces de manière à établir des relations plus justes entre individus et/ou groupes sociaux
5- Utiliser des moyens qui sont en parfait accord avec le but recherché. Pour Gandhi : « Les moyens sont comme la graine et la fin comme l’arbre. Le rapport est aussi inéluctable entre la fin et les moyens qu’entre l’arbre et la semence. [...] On récolte exactement ce que l’on sème. » [5]
6- Avant d’entamer une lutte non-violente, il est nécessaire de définir clairement : la finalité, la fin, le but ultime, pour résoudre de façon juste le conflit ; puis les buts intermédiaires à déterminer en fonction du but ultime. L’accès à un but dépend des actions des deux adversaires.
Les moyens, sont ici les objectifs fonctionnels intermédiaires que se définissent les non-violents pour atteindre leurs buts. Les objectifs doivent être clairs et précis pour tout le monde, ils doivent être limités, afin d’être accessibles à court terme compte tenu des contraintes et du potentiel dont disposent les non-violents au moment du choix. Réaliser l’objectif ne doit dépendre que de ceux qui se le fixent. Le réaliser est fondamental pour le moral des participants et permet de passer aux autres objectifs.
7- Les participants à une action non-violente doivent accepter les sanctions pénales s’ils estiment nécessaire de violer les lois injustes. Ils peuvent avoir à souffrir les violences des opposants, et acceptent de ne pas y répondre par quelque violence que ce soit.
8- Une campagne d’action non-violente doit comprendre un programme constructif. « Le programme constructif consiste, en même temps que l’on organise la lutte contre une situation d’injustice, à commencer à rendre justice à ceux qui en sont les victimes, sans attendre un règlement définitif du conflit. Tout en organisant la non-coopération avec les lois, institutions et structures qui engendrent l’injustice, il est essentiel de proposer d’autres lois, d’autres institutions et d’autres structures qui apportent une solution constructive aux différents problèmes posés et de commencer à les mettre en place afin d’apporter la preuve de leur faisabilité. Plutôt que de s’en tenir à exiger du pouvoir adverse une solution juste au conflit en cours, il s’agit d’entreprendre soi-même d’inscrire cette solution dans la réalité ». [6]

Les six principes de la non-violence selon Martin Luther King

Voici les 6 points que Martin Luther King avait énoncés et auxquels devaient adhérer tous ceux qui voulaient faire partie de son équipe (cf. James M. Washington, The essential Writings and Speeches of Martin Luther King, Harper, San Francisco, 1991, pp.16 à 20) :
1- La non-violence active n’est pas une méthode destinée aux lâches. C’est une véritable résistance. Le non-violent montre sa force non pas en étant passif, non pas en ne réagissant pas, mais en étant spirituellement et émotionnellement actif pour amener l’adversaire à réaliser qu’il est sur le mauvais chemin. Il ne s’agit donc pas d’une « non résistance passive au mal, mais d’une résistance non-violente active au mal. »
2- La résistance non-violente ne vise pas à vaincre ou à humilier l’adversaire, mais à gagner son amitié et sa compréhension.
Celui qui résiste par la non-violence doit être conscient que ces actions de résistance ne sont pas des fins en soi, et qu’elles visent essentiellement à susciter les changements de comportement chez l’adversaire.. Le but recherché, c’est non pas l’humiliation de l’autre, qui génère violence et amertume, mais c’est toujours la réconciliation, la création de ce que King appelle une communauté bien-aimée, une communauté régie par l’amour divin.
3- La lutte doit être dirigée contre les forces du mal plutôt que contre les personnes qui font le mal. C’est pourquoi il ne s’agit pas de mettre l’accent sur les différences raciales, mais sur les individus. Le problème qu’il faut gérer n’est pas un problème entre noirs et blancs, mais entre la justice et l’injustice, entre les forces de la lumière et les forces des ténèbres. Si jamais il peut y avoir une victoire, ce ne sera pas la victoire des noirs sur les blancs, mais de la justice sur l’injustice, de la lumière sur les ténèbres.
4- La non-violence active accepte de souffrir sans user de représailles. Elle accepte de recevoir des coups sans rendre la pareille. « Des fleuves de sang pourront couler avant que nous ne gagnions notre liberté », disait Gandhi à ses compatriotes, « mais ce sera notre sang à nous. » Le résistant non-violent est prêt à supporter la violence si c’est nécessaire, mais pas de s’en servir lui-même en guise de riposte. Il vaut mieux souffrir soi-même que d’infliger une souffrance aux autres. Nos adversaires auront plus de chance d’être touchés par notre souffrance que par quelque raisonnement si subtil soit-il.
5- La résistance non-violente ne cherche pas seulement à éviter de se servir de la violence physique ou extérieure. Elle concerne aussi notre être intérieur. Elle consiste à refuser la haine et à vivre selon des principes fondés sur l’amour. Il faut briser le cercle vicieux de la haine et de la violence et retrouver la fraternité humaine. Celui qui me fait du mal se fait d’abord du mal à lui-même.
6- Et enfin, le principe de non-violence est fondé sur la conviction que l’univers est du côté de la justice. C’est une foi profonde en l’avenir basée sur l’idée selon laquelle Dieu est toujours pour la vérité et pour la justice. Dans sa lutte pour une plus grande justice, le non-violent se sent continuellement accompagné par Dieu.

3°- LES RÉALITÉS ÉVANGÉLIQUES CHÈRES À LA FAMILLE FRANCISCAINE ET QUI SONT REQUISES PAR LA NON-VIOLENCE.

a)- Notre relation personnelle avec Jésus est indispensable. Dieu qui a partagé la vie et l’aventure de la race humaine nous redit jour après jour que les êtres humains sont les frères de Jésus. En eux comme en nous, la vie même de Dieu, est tantôt développée tantôt empêchée de fructifier. Nous sommes et tout être est porteur du Sacré. Ce Sacré peut être dans la captivité ou dans l’obscurité.
b)- Nous savons que la Trinité habite en nous et qu’elle a une constante compassion pour les acteurs et les victimes de violences et injustices. Ces violences et injustices détruisent le cheminement de la Vie qui unit les trois membres de la Trinité. C’est leur vie divine qu’ils désirent partager avec les êtres humains. Notre relation aux autres tire sa vérité et sa profondeur de la Trinité et elle est constitutive de notre propre personnalité. Nous avons besoin des autres pour devenir nous-mêmes.
c)- La violence n’est pas le privilège des autres. Notre première rencontre avec l’autre est très souvent conflictuelle. Nous laissons grandir en nous la peur et la violence qui engendrent le conflit. Cependant dans les conflits c’est avec l’opposant que nous devons chercher une solution.
d)- Face à notre incapacité même de nommer Dieu [7], encore plus de transformer des cœurs, nous nous confions à l’initiative de la compassion de Dieu à laquelle nous essayons de communier. La Trinité qui a pris « habitation et demeure en nous » peut nous animer si nous lui en laissons la liberté.
e)- Il nous revient d’être attentifs au désir profond de Dieu Trinité qui a établi habitation et demeure en chacun de nous, pour percevoir comment il désire que nous participions à son action pour réduire ou éliminer peurs, violences et injustices.
f)- La puissance de la vulnérabilité. La force intérieure que nous ressentons et expérimentons, est-elle seulement une force psychologique ou la force divine en nous ? [8]
« Contrairement aux forces physiques qui augmentent avec la puissance, la force intérieure se développe grâce à une forme d’impuissance consentie. Mais cette impuissance est orientée par la relation avec autrui. La force de la non-violence a ceci de particulier qu’elle se purifie au creuset de notre vulnérabilité. »
« La puissance de la vulnérabilité est la force intérieure de la non-violence. C’est la force créatrice d’une relation
juste La puissance de la vulnérabilité n’est pas impuissance de la volonté.... Elle est renonciation volontaire à
toute domination pour laisser à l’autre cet espace où il découvre sa propre soif de relation. »
« La puissance de la vulnérabilité de la non-violence proclame : « Tu ne peux pas me détruire sans te détruire. » Car la toute-puissance se pose comme sa propre origine et origine de toutes choses, occupant ou niant la place de Dieu. »
« Le but de l’action non-violente est de faire émerger cette évidence qu’en tuant autrui, je me blesse moi-même, et blesse ce que nous avons tous en partage. »
« La force intérieure tire son pouvoir contraignant de la vulnérabilité offerte du non-violent. Cette vulnérabilité appelle à un sursaut de notre humanité commune que peut expérimenter le violent. Le violent non plus ne veut pas mourir, et il doit savoir que son adversaire ne profitera pas de cette ouverture à sa propre faiblesse pour le détruire. Le non-violent doit travailler à éclairer ce lien entre toute vie vulnérable et blessée, celle de la victime et celle du violent. Il doit offrir à toute personne, victime ou violent, cet espace de confiance et de sécurité où chacun peut enfin s’ouvrir à sa propre vulnérabilité, sans crainte. »
« Dans nos témoignages, nous avons exprimé la surprise d’avoir une telle force en nous, et de voir son efficacité. Elle venait de plus loin que nous et en même temps elle était aussi véritablement nôtre à ce moment précis.
Il s’agit bien de renverser en son cœur la logique des équilibres déshumanisants en retrouvant la force d’une relation authentique. »
La conciliation entre la force intérieure et la faiblesse en nous que nous expérimentons continuellement ne peut naître que si nous poursuivons l’accord entre l’intérieur et l’extérieur de nos vies. « Si je dis une parole de violence comme on brandit une arme, si j’accepte des structures économiques injustes, si j’adopte les principes qui guident la culture de marché comme principes moraux, je m’éloigne de ma vérité d’être humain. Je ne sais plus regarder en moi l’humain dans sa totalité. Si, même pour de bonnes raisons, je recherche le pouvoir à tout prix, je m’éloigne de la vérité de qui je suis : un être marqué profondément par la fragilité, et vulnérable... Dans nos petits choix quotidiens, il s’agit de laisser grandir en nous ce chemin vers l’autre en nous accueillant nous-mêmes au plus profond. »

Et voici le dernier conseil du Mahatma Gandhi : son testament.

APPLIQUEZ LE TEST SUIVANT : RAPPELEZ-VOUS LA FACE DE L’HOMME LE PLUS PAUVRE ET LE PLUS FAIBLE QUE VOUS AYEZ RENCONTRÉ ET DEMANDEZ-VOUS SI L’ACTE QUE VOUS ENVISAGEZ LUI SERA UTILE.
VA-T-IL Y GAGNER QUELQUE CHOSE ? CELA VA-T-IL LUI RENDRE LE CONTRÔLE SUR SA PROPRE VIE ET SA DESTINÉE ?

(AUTREMENT DIT, CELA VA-T-IL CONDUIRE AU SWARAJ [l’indépendance de l’Inde] LES MULTITUDES QUI ONT FAIM DANS LE CORPS ET DANS LEUR ESPRIT ?)
ALORS VOUS VERREZ VOS DOUTES ET VOTRE MOI SE DISSIPER.

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Dix exigences d’une Spiritualité non-violente.

par Rosemary Lynch, osf et Alain Richard, ofm Pace et Bene Center, Las Vegas, NV. USA
1 - Apprendre à reconnaître et respecter "le sacré" (‘ce qui est de Dieu ‘ comme disent les Quakers) dans chaque personne, y compris en nous-mêmes, et dans chaque partie de la Création. Les actions d’une personne non-violente aident à libérer de l’obscurité et de la captivité le Divin qui est dans l’adversaire.
2 - S’accepter profondément soi-même, "qui je suis" avec tous mes dons et mes richesses, avec toutes mes limitations, erreurs, fautes et faiblesses, et réaliser que je suis accueilli par Dieu. Vivre en vérité avec soi-même, sans fierté excessive, avec le moins possible d’illusions et de faux espoirs.
3 - Reconnaître que ce qui m’irrite, et que peut-être je déteste dans un autre, viens de ma difficulté à admettre que les mêmes réalités existent aussi en moi.
Reconnaître ma propre violence et commencer d’y renoncer, violence qui devient évidente quand je surveille mes paroles, mes gestes et réactions.
4 - Renoncer au dualisme, à la mentalité du "nous-eux" (manichéisme). Cela crée la division en "bons-mauvais" et nous permet de présenter l’adversaire comme la source du mal. C’est la racine d’un comportement autoritaire et exclusif. Il engendre le racisme et rend possible les conflits et les guerres.
5 - Reconnaître sa peur et y faire face par l’amour et non principalement par le courage.
6 - Comprendre et accepter que la Nouvelle Création, la construction de la Communauté d’Amour (Martin Luther King), progresse toujours avec d’autres. Ce n’est jamais une action de solitaire. Cela nécessite de la patience et la capacité de pardonner.
7 - Nous voir nous-mêmes comme une partie de l’ensemble de la création envers laquelle nous devons développer une relation d’amour, non de domination, nous rappelant que la destruction de notre planète est un problème profondément spirituel, pas simplement scientifique ou technologique. Nous sommes "un".
8 - Être prêt à souffrir, peut-être parfois sans perdre la Joie, si nous croyons que cela aidera à libérer le Divin dans les autres. Cela inclut l’acceptation de notre place et de notre rôle dans l’histoire avec ses traumatismes et ses ambiguïtés.
9 - Être capable de fête, de joie, quand la présence de Dieu a été acceptée. Quand elle n’a pas été acceptée, aider à sa découverte et à sa reconnaissance.
10 - Ralentir son rythme, être patient en semant les graines de l’amour et du pardon dans nos propres cœurs et autour de nous. Lentement nous grandirons en amour, en compassion et en capacité à pardonner.
Juillet 95

Notes

[1Alain J.Richard, Roots of Violence in the U.S. Culture, A Diagnosis Towards Healing, Blue Dolphin Publishing, 1999, p.13.

[2MAN, Mouvement pour une Alternative Non-Violente

[3MAN

[4MULLER Jean-Marie, Le principe de non-violence, Marabout, 1999, p. 323.

[5Tous les hommes sont frères, Vie et pensées du Mahatma Gandhi d’après ses œuvres, trad. Guy Vogelweith, Paris, Gallimard, 1969, coll Idées, p. 149.

[6MULLER Jean-Marie, Lexique de la non-violence, op. cit., p. 78

[7Cf. St François, 1ère Règle, chapitre 23

[8Sous la lettre f) de ce texte j’emprunte largement au Livre « En Dieu il n’y a pas de violence » par Frédéric-Marie Le Méhauté, Katia Michael et Alain Richard, Editions Bayard, 2013. L’ensemble de ce livre développe à partir de témoignages d’engagements non-violents les thèmes de la relation, du conflit et de la désappropriation en étant en communion avec la Trinité. Le chapitre 6 du livre est intitulé « De la vulnérabilité à la force intérieure » Je cite ici seulement quelques phrases de ce chapitre qui nous semble former un tout assez important, surtout pour les ‘françoisiers’.