Obsèques du frère Gilbert Forel

Le 16 mai 2019, au matin, notre frère Gilbert Forel est parti pour la Maison du Père, âgé de 85 ans,
à l’EHPAD de Chavanod, 74650.

La messe des obsèques sera célébrée mardi 21 mai à 15 h00 en l’église Saint-Martin de Seynod (74600), 75 avenue de Neigeos.
L’inhumation se fera au caveau des capucins à Annecy, au cimetière (45 bis avenue) de Loverchy.

Frère Gilbert Forel est né le 25 février 1934 à Bogève, en Haute-Savoie, dans le Chablais. Il avait trois frères et quatre sœurs. Après ses études, à 17 ans, il est entré au noviciat au couvent de Meylan (38), le 14 août 1951, prenant le nom de frère Marie-Fernand et le 15 août 1952 il y émettait ses premiers vœux. En ce même lieu, durant 2 ans, il y a fait des études de philosophie. Il a accompli ensuite son service militaire durant 30 mois à Chambéry puis en Kabylie (Algérie). A son retour en 1957, il rejoint le couvent de Tours pour une année de théologie, suivie de deux autres années d’études à Meylan. Il y prononce ses vœux solennels le 19 avril 1959 et il est ordonné prêtre le 29 juin 1960. En 1960, il entre à la faculté de théologie à Lyon, en licence et année de doctorat.
Au terme de ses études, il est nommé en 1963 responsable des étudiants en théologie au couvent de Toulouse qui regroupait alors les frères de Savoie, de Toulouse et du Portugal, tous étudiants à l’Institut Catholique. Ceux-ci se souviennent que durant le concile Vatican II, il avait le souci de les tenir informés des travaux des Pères conciliaires. En1967, il est revenu à Annecy où durant de longues années, il a assuré pour le diocèse des sessions mensuelles de formation permanente. Frère Gilbert a rassemblé ses interventions dans un livre : Jésus, visage humain de Dieu (Éd. Salvator, 1974), qui mérite toujours d’être lu. Puis il diffusa d’autres travaux, grâce à l’imprimerie du couvent, qu’il avait créée. Il a été plus de 15 ans gardien, animant la chapelle du couvent. Il voulait que la liturgie y soit vivante et fervente. En 2009, il est devenu vicaire du couvent, mais sa santé s’est dégradée et en avril 2011, atteint par la maladie d’Alzheimer, il est entré à l’EHPAD de Chavanod.
Frère Gilbert s’est toujours montré ardent pour la théologie, ayant à cœur de faire des liens avec l’actualité, ne craignant pas d’exprimer ses opinions personnelles et s’intéressant particulièrement au dialogue entre les religions. Merci à tous ceux et celles qui ont accompagné notre frère Gilbert avec grand dévouement, ces dernières années où il était devenu très silencieux. Nous partageons la peine de sa famille mais aussi son espérance qu’il ait trouvé à présent Celui qu’il a eu la passion de faire connaître, Jésus, le Chemin, la Vérité et la Vie.

Dans les premiers récits d’apparition de Jésus ressuscité, nous nous trouvons en face d’une affirmation, d’une conviction que Jésus est bien vivant ! Les apôtres font appel à des preuves apparemment physiques comme celle de Thomas qui veut mettre ses doigts dans les mains de Jésus percées par les clous… comme celle de Marie-Madeleine qui s’élance contre son Seigneur. Mais, à bien regarder ces récits, nous nous rendons compte que Thomas n’accomplit pas son geste mais tombe à genoux, que Marie-Madeleine ne touche pas le ressuscité.
Est-ce vraiment surprenant ? parlant de ces textes avec ma propre mère quelques mois avant sa mort qui survenait après 29 ans de veuvage, elle me fit part de sa propre expérience. Au sein de cette présence dont elle vivait avec celui qui l’avait quittée, se trouve un fait un peu analogue. Prise un jour d’hiver dans une énorme congère avec un cheval attelé, elle ne voyait plus comment s’en sortir. Avec force et confiance, elle appela son mari à son secours et, sans comprendre comment, elle se retrouva subitement à dix mètres de la congère, hors de tout danger. Plus de 25 ans, elle avait gardé secret cet épisode dans lequel elle avait eu la certitude qu’elle n’était pas seule malgré la mort de son conjoint. Ma mère alors se tut et on lisait sur son visage une profonde gêne : c’était son secret, un secret que l’on vit dans son cœur parce qu’aucune parole humaine ne peut exprimer une telle expérience. Nos mots expriment l’ici-bas, le cœur ressent l’au-delà.
C’est sans doute un type semblable d’expérience que les apôtres ont dû faire, avec une autre densité, un autre contenu et une autre fréquence. Cependant, ils ne pouvaient pas en garder le secret car leur mission consistait à proclamer la résurrection de Jésus. (Jésus, visage humain de Dieu, p. 145-146)