Saint Pio de Pietrelcina, un capucin, un pauvre qui prie, un frère


Se consacrer totalement

Francesco Forgione prit l’habit capucin le 22 janvier 1903 et, comme cela était alors la coutume, changea son nom de baptême : Il devint fra Pio da Pietrelcina - le nom de sa localité d’origine suivant le nouveau prénom.
Quatre ans plus tard, il prononçait ses voeux perpétuels « à la seule fin, écrit-il sur le document officiel, de tendre au bien de son âme et de se consacrer totalement à Dieu.”
Se douta-t-on alors que cette formule assez commune exprimait le désir et déjà la réalité la plus intime de tout son être ?

L’exemple de saint François

Francesco Forgione avait senti que le désir profond de son être trouverait à se déployer en plénitude dans la famille spirituelle de celui dont il portait le prénom : François d’Assise. Jusque dans sa chair, le Poverello du Xlllème siècle avait vécu une consécration totale à Jésus, lui le premier stigmatisé, lui le héraut de l’Évangile à la lettre, de l’Évangile de la pauvreté.

Se recevoir de Dieu

Cette entrée dans la vie religieuse de Padre Pio est un exemple de ce mystère de la communion de saints, où l’expérience particulière d’un homme ou d’une femme trouve sa forme et sa vigueur en suivant le chemin d’un autre, dans une famille religieuse. En semblant abandonner son existence propre, le nouveau consacré se trouve pleinement, c’est-à-dire se trouve selon la volonté de Dieu, se reçoit comme un don de Dieu.

Un capucin fidèle

Loin du sensationnel et du merveilleux, c’est en ancrant sa vie dans la Règle franciscaine, dans la vie et la spiritualité capucines, que Padre Pio posa les fondements de son existence, de son rayonnement.
Il en témoigne souvent dans ses lettres, et sans cesse il renvoie ses confrères à l’observance de la Règle, des trois voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Car il en fait l’expérience : c’est là, dans le quotidien de la vie communautaire, que
la fidélité à Dieu trouve sa source et sa force. Cette fidélité et ce quotidien prirent pour Padre Pio des formes extrêmes. notamment quand ses Supérieurs lui demandèrent de restreindre, voire d’abandonner son ministère. Mais l’obéissance est première, et la voix des Supérieurs est celle de Dieu. La parole du Seigneur en son coeur et la parole du Seigneur dans l’Église sont une seule et même parole.

Un soutien et un exemple

Les frères qui ont vécu avec lui ont témoigné de son sens fraternel profond, de sa sollicitude et de sa bienveillance, de son humour qui égayait les récréations. Alliée à son exigence d’observer la Règle, la vie quotidienne de Padre Pio s’offrait comme un exemple, un avertissement, un soutien à chacun de ses frères Capucins.
Aujourd’hui

Aujourd’hui, sa présence et sa prière apportent encore cela. Jean-Paul Il l’affirmait clairement, lors de l’audience le lendemain de la béatification :
Aux personnes consacrées, et en particulier à la Famille Franciscaine, il offre un témoignage de fidélité particulière. François était son nom de baptême et, du Père séraphique, il fut, dès son entrée au couvent, un digne disciple. dans la pauvreté, dans la chasteté et dans l’obéissance. Il pratiqua dans toute sa rigueur la règle capucine. embrassant avec générosité la vie de pénitence. Il ne se complaisait pas dans la douleur, mais il la choisit comme voie d’expiation et de purification. Comme le Poverello d’Assise, il tendit à la configuration avec Jésus Christ. désirant seulement "aimer et souffrir" pour aider le Seigneur dans la difficile et exigeante œuvre de salut. Dans l’obéissance "ferme, constante et de fer", son amour inconditionnel pour Dieu et pour l’Église trouva sa plus haute expression. Quel réconfort de sentir près de nous Padre Pio, qui voulut être simplement "un pauvre qui prie" : frère du Christ, frère de François, frère de celui qui souffre. frère de chacun de nous Puisse son aide nous guider sur la voie de l’Évangile et nous mettre à la suite du Christ avec toujours plus de générosité !